Repenser l’école ? 1


L’école a toujours été pour moi un sujet fascinant… Petite, je voulais devenir maîtresse, et j’ai poursuivi cette envie pendant de nombreuses années, même si mon propre parcours scolaire a été –comme celui de beaucoup d’élèves- teinté de difficultés.

J’ai longtemps regardé certains de mes camarades de classe avec une pointe de mépris… Ceux qui étaient bruyants, perturbateurs me dérangeaient au plus haut point. Et puis un jour, au collège, une prise de conscience a fait basculer mes préjugés. L’un des élèves les plus perturbateurs, les moins assidus… Bref, l’un de ceux que je ne portais pas vraiment dans mon cœur, a marqué mon esprit, juste en étant lui-même. Il a montré à la prof d’art plastique un dessin d’une beauté impressionnante, qu’il avait réalisé par pur plaisir chez lui, et pour lequel il souhaitait un avis. Ce jour-là j’ai réalisé que tout le monde a un talent particulier, mais que l’école n’était pas forcément le lieu où il se révélait. Ce jour-là, je suis tombée amoureuse des gens. Ce jour-là, j’ai vu un petit David-au-talent-insoupçonné derrière chaque élève qui peinait à trouver sa place.

Qui sont donc ces élèves que l’on juge parfois inadaptés ?

Les enfants qui montrent certaines caractéristiques parmi lesquelles un « DYS », un TDA, un haut potentiel, une hypersensibilité, une phobie scolaire, un trouble anxieux (…) sont ceux qui rencontrent le plus de difficultés dans le milieu scolaire. Et pour cause : Il est bien plus aisé d’apprendre la même chose de la même façon à tous les élèves. C’est le modèle vertical du sachant qui transmet son savoir. Il permet à tous d’avoir un socle commun -ce qui est dans une certaine mesure nécessaire- mais qui ne permet en aucun cas à tous de s’épanouir à l’école.

Quand j’étudiais en science de l’éducation, puis lors de mes stages, j’ai pu imaginer puis constater sur le terrain que les pédagogies différenciées et qui prennent en compte le caractère unique de chaque enfant étaient à la fois les plus intéressantes en terme d’épanouissement des enfants (et de résultats), et les plus difficiles à mettre en place dans le cadre scolaire actuel.

Aujourd’hui -et dans le meilleur des cas- pour ces quelques élèves qui sont si différents, certaines adaptations sont parfois mises en place : Un AVS, des devoirs surveillés raccourcis ou adaptés, une prise en charge externe, une adaptation de l’emploi du temps… L’observation du fonctionnement d’une école ordinaire suffit à constater qu’elle s’adresse à un seul type d’élève. Tous doivent donc tenter de rentrer dans le même moule. En effet la plupart du temps :

  • Les élèves sont tous évalués de la même manière
  • Ce sont les mêmes compétences qui sont souhaitées et développées chez tous
  • Les différences sont gommées, et ne sont pas valorisées
  • Le comportement attendu est le même pour tous
Pour une sélection juste, chacun doit passer le même examen : « veuillez grimper dans cet arbre »

La réalité, c’est que chaque élève est différent. Chacun possède –à l’instar de David- un talent particulier. Mais la plupart du temps, l’ensemble des élèves est soumis aux mêmes attentes. Les particularités et talents de chacun étant au mieux passés sous silence, au pire niés ou dénigrés.

Comment l’école peut s’adapter ?

Nous sommes tous différents. Nos besoins, nos valeurs, nos compétences et notre perception du monde ne sont pas identiques. L’école devrait donc nous aider à nous différencier, à valoriser nos compétences et à apprécier nos différences comme source de richesses. Il est certes difficile de tout changer, mais prendre en compte ces différences peut faire une réelle différence dans l’épanouissement des enfants ; futurs adultes et bâtisseurs du monde de demain.

La communication vectorielle nous permet de reconnaître des besoins spécifiques chez les enfants, et de valoriser et s’appuyer sur leurs talents naturels. Elle permet aussi de connaître quelques leviers pour motiver les enfants si besoin, ou savoir ce qui peut les mettre particulièrement en difficulté.

La plupart d’entre nous possédons chacun entre 3 et 5 vecteurs, faisant de nous des êtres complexes et uniques.

Un enfant au vecteur cutané a un esprit compétiteur, il est rapide et concis, il a besoin de bouger et a tendance à tester le cadre. Il peut se montrer impatient.

Il pourra apprécier de bouger régulièrement : aller faire quelques pas dans un couloir, distribuer des cahiers, être assis sur un ballon de gym plutôt que sur une chaise…

Il appréciera particulièrement d’être « responsable de… » ou « chef de groupe »

S’il termine son travail en avance, on peut lui proposer un jeu ou un défi à relever.

Un enfant au vecteur anal a besoin de temps, il aime le travail soigné et il a besoin de finir ce qu’il commence. Il a une bonne mémoire. Il est sensible à l’injustice et a besoin de reconnaissance.

Il sera excellent en tant que tuteur dans un groupe de soutien et s’y sentira valorisé.

Il a besoin de temps, avec lui il est judicieux de valoriser la qualité plutôt que la quantité, et ne pas lui mettre de pression sur le temps.

Il apprécie beaucoup de ranger et de nettoyer et se portera facilement volontaire pour ces tâches.

Il est sensible à la justesse des compliments qu’il reçoit : veiller à faire des compliments descriptifs (qui évaluent des faits ponctuels et utilisent des verbes d’action).

Un enfant au vecteur Urétral sera plein d’énergie, très dynamique et généreux. Il n’a absolument pas la notion du danger, rien ne lui fait peur. Il fédère naturellement les autres autour de lui. Il pourra sembler dispersé et faire preuve d’insolence car il a beaucoup de mal à accepter d’autres règles que… les siennes !

La clé avec un enfant qui a ce type de profil c’est de lui donner des responsabilités (en particulier là où ça pêche pour lui… par exemple responsable de la sécurité pour un enfant qui a frappé) ou de lui confier des missions,

Faire en sorte de lui laisser un sentiment de liberté (tu fais comme tu veux du moment que ce midi tu as effectué ces tâches),

Lui proposer les choses à faire pour ne pas le laisser inactif,

Le remercier plutôt que lui faire des compliments.

Un enfant au vecteur Sonore aime comprendre comment fonctionne le monde. Il est plutôt calme et apprécie le silence. Il peut se laisser absorber par ses pensées et être « dans la lune ». Il n’aime pas les cris et les conflits. Il pose beaucoup de questions, y compris des questions métaphysiques ou philosophiques.

Pour le pousser à développer ses réflexions et à écouter celles des autres, on peut lui proposer de débattre avec la classe au sujet des questions philosophiques qu’il se pose.

Il tirera profit de la mise à disposition de casques pour s’isoler du bruit ambiant de la classe quand il en ressent le besoin.

Il excelle à user des mots justes et peut apprécier écrire de la poésie.

Il bénéficiera particulièrement d’un moment de méditation ou d’écoute de musique classique pour canaliser son mental.

Un enfant au vecteur Visuel est sensible et expressif. Il a une imagination débordante et un attrait pour « le beau », la nature et les animaux. Il vit une grande amplitude d’émotion, des peurs irrationnelles à l’amour. Il est naturellement gentil et aime aider les autres.

Il pourra s’occuper des soins aux plantes ou aux animaux dans une classe

Ses talents artistiques pourront bénéficier à la décoration de l’école ou de la classe.

Il appréciera également de participer à des spectacles ou de faire partie d’un groupe de théâtre.

On pourra lui confier un rôle de médiateur au sein d’un groupe, puisqu’il cherche naturellement à apaiser les conflits et qu’il a une bienveillance innée. La CNV sera un outil précieux.

Un enfant au vecteur Oral aime parler et pourra être qualifié de « bavard ». Il a un intellect verbal et a besoin de parler pour dérouler le fil de sa réflexion. Il peut déranger d’autres élèves qui apprécient une ambiance silencieuse.

Pour lui permettre de prendre la parole, on peut lui proposer de reformuler les consignes ou d’expliquer un exercice (ce qui aura pour effet de les clarifier pour lui-même).

Il peut réaliser des exposés, ou lire des textes à voix haute avec brio.

Regrouper les enfants au vecteur Oral, loin de ceux au vecteur Sonore peut permettre aux uns et aux autres de se sentir bien dans la classe.

L’autoriser à parler pour lui-même à voix basse, plutôt que d’exiger de lui le silence absolu.

Ce ne sont ici que quelques simples exemples, il est possible d’imaginer bien d’autres aménagements.


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Commentaire sur “Repenser l’école ?

  • pascale hallez

    passionnant! je viens de quitter l’éducation nationale et retrouve mes anciens élèves dans toutes ces descriptions. Cela donne envie d’en savoir davantage!